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SEMEA : des voeux et des inquiétudes
Une augmentation de 56% des dossiers de non-recouvrement depuis 2007, une baisse de 20% de la consommation d'eau sur les dix dernières années avec des projections similaires pour les dix années à venir... En guise de voeux, c'est un tableau plutôt pessimiste qu'a dressé la Séméa, le service public de l'eau du GrandAngoulême, hier à l'espace Matisse à Soyaux. Et cela, malgré l'enquête de satisfaction globalement positive menée auprès des élus et responsables de services dans l'agglomération. malgré aussi la certification QSE (qualité, sécurité et environnement) que devrait décrocher la Séméa en 2011.
C'est sur la solidarité et la pérennité du service que des questions se posent. Entre 2007 et 2010, les dossiers du Fonds solidarité logement (FSL) sont passés de 433 à 677 à la Séméa. «Si on a la chance que le FSL intervienne aujourd'hui, cette hausse constante pose la question des limites financières du FSL et de l'accès de tous au service de l'eau», dit Jean-Claude Beauchaud, le président de la Séméa, qui interpelle la collectivité GrandAngoulême... alors même que la régression des consommations d'eau limite la marge de manoeuvre de l'entreprise.
«Il ne faut pas voir dans cette régression qu'un signe vertueux, ajoute Jean-Claude Beauchaud. Si les appareils électro-ménagers sont plus économes, si des efforts d'économie et de récupération d'eau sont faits, la baisse est aussi liée à la tertiairisation de l'économie.» Chaque emploi industriel remplacé par un emploi de service entraîne une perte de 30 à 35m3 d'eau par an, selon les estimations. «Pour la Séméa, cela signifie des recettes amputées de 40% en vingt ans. On est là devant une difficulté majeure.» Sachant que pour les dix ans qui viennent, cette perte de recettes est estimée entre 15% et 25%. Et qu'elle aura des conséquences techniques, en termes de réseaux surdimensionnés et de risques de dégradation de la qualité et de problèmes sanitaires.